La contactologie. Oui c’est une spécialité, mais c’est surtout une activité à part entière
Jul 03, 2026Le jour où j’ai compris que faire de la contactologie, ce n’est pas qu’une question de compétence clinique, tout s’est éclairci !
Par Marina Barthe
Durant nos études de contactologie en DU, UE, CQP, certains d’entre nous se sont épris d’une certaine passion sur la contactologie, tellement c’est vaste et intéressant. Faire de la contactologie, c’est mêler la technique, la science, le médical et l’humain entre eux, et ces 4 aspects sont totalement imbriqués :
- Technique : tu dois ajuster la lentille, qu’elle soit souple ou rigide, à la forme de ta cornée et de ta sclère
- Science : les technologies de matériau, de tolérance oculaire, les géométries de fabrication sont en constante évolution et suivent les découvertes scientifiques
- Médical : on doit observer les particularités anatomiques de l’œil avant la pose, et après le port afin de vérifier le respect de la surface oculaire, et savoir gérer les complications liées à l’équipement lentilles
- L’humain : une simple lentille souple peut changer la vie d’un adolescent qui sera un adulte moins complexé. Une lentille d’orthokératologie peut redonner la liberté de vie. Une lentille sclérale peut redonner la vue aux atteintes cornéennes complexes. On appelle cela la qualité de vie.
À mon sens, un bon praticien doit mêler ces 4 compétences. Et on ne va pas se mentir, pour cela il faut consacrer du temps à se former, du temps à consacrer dans nos consultations, et un réseau professionnel pour travailler en collaboration.
On appelle cela un métier, une profession. Celle de contactologue, ou d’opticien-optométriste spécialisé en contactologie.
Nous avons appris la contactologie, mais à pas à organiser une activité de contactologie
Notre formation de contactologie de base, par le biais de la formation d’optométrie, est un DU/UE d’environ de 200h de formation. Ça peut sembler énorme, et pourtant, ce n’est pas suffisant, car la contactologie nécessite beaucoup plus pour réaliser des prises en charge complètes.
Je le sais car j’ai enseigné pendant 10 ans cet enseignement en Licence d’Optique Professionnelle, et même si on forme d’excellent techniciens et de bons paramédiaux, il manque l’essentiel : comment faire passer ces compétences du côté « pratique clinique » ?
Même si les informations nécessaires sont données en exercice de PDD (Prise De Décision), la réalité du terrain fait que les opticiens non sensibilités à l’exercice de la contactologie, ne donnent pas la place à cette pratique parce qu’ils ne connaissent pas les fondamentaux de cette pratique : elle doit être structurée.
C’est comme si on demande à un vendeur de voiture, d’aller en atelier changer une courroie de distribution une fois qu’il a terminé son devis avec son client… Pas hyper pratique ni efficace l’histoire… Les concessionnaires sont structurés :
- Il y a des personnes en surface de vente
- Il y a des techniciens en atelier
- Et rien ne leur empêche de faire un mi-temps en surface de vente, et mi-temps en atelier, mais de manière structurée : 1 jour l’un, 1 jour l’autre.
Bref, de l’organisation.. Et cela fonctionne pour tous les métiers en fait !
Dans notre filière visuelle :
- L’ophtalmologiste est structuré : il a des blocs horaires de consultations, des blocs horaires de chirurgie, et il ne va pas aller opérer entre deux consultations
- L’orthoptiste est structuré : il a des journées où il fait des pré-consultations, et des journées où il fait des bilans orthoptiques & rééducation
- Pourquoi l’opticien-opto ferait tout n’importe comment, sans rendez-vous, et sans organisation ? Probablement parce qu’on ne lui a appris qu’à être « disponible tout le temps » et à ne pas s’organiser autrement..
Personnellement, je trouve toujours choquant quand un professionnel me dit « je dois faire des examens de vue quand je suis tout seul en magasin, donc quand un client rentre ou que le téléphone sonne, je dois interrompre mon examen de vue… ». Sérieux ? Mettez-vous à la place du patient, quelle serait votre expérience ? C’est au praticien de structurer son activité, l’expliquer, la développer, et avec l’aide de son équipe, que ce soit pour de l’optométrie, ou de la contactologie, c’est la même chose.
Une prise en charge en contactologie, ce n’est pas que des consultations

La consultation en contactologie, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.
Avant la consultation, il faut qu’une personne vienne vous voir avec une problématique. Mais comment fait-il pour vous trouver ? Êtes-vous trouvable s’il tape dans son moteur de recherche ou une IA « Trouve moi un spécialiste lentille dans telle ville » ?
Vous devez donc développer un système où les patients puissent vous trouver, et il vous faut plusieurs leviers d’acquisition.
- Collaboration professionnelles : les autres professionnels de santé doivent vous connaître pour vous référer, votre équipe qu’elle soit en magasin ou cabinet d’ophtalmologie doit savoir conseiller et expliquer votre service contactologie
- Internet : les patients doivent pouvoir vous trouver sur internet par un site web (SEO), page professionnel de santé, annuaires professionnels, etc..
- Identification: vous devez vous identifier VOUS en tant que professionnel de santé, et non pas vous associer à une structure. Regardez les autres professionnels de santé ! Dentiste, kiné, orthoptiste, ostéopathe, etc..
Après une première consultation, il faudra expliquer le suivi que vous proposez derrière : il vous faut construire des protocoles, et un parcours patient.
Avant de poser une première lentille, il vous faudra choisir/calculer la lentille : certaines seront plus faciles comme les lentilles souples sphériques et toriques, mais quand vous aurez des rigides, des orthokératologies, des sclérales, vous aurez besoin de plus de temps de réflexion pour choisir la première lentille, ou savoir quoi modifier quand vous ferez vos suivis.
Quand vous allez vous engager à faire des lentilles techniques que vous ne maitrisez pas totalement, vous allez prendre le temps de vous former à ces lentilles, d’échanger avec le service technique du laboratoire pour pouvoir finaliser votre équipement.
En début et fin d’équipement, il vous faudra réaliser des comptes-rendus à destination des ophtalmologistes, des orthoptistes ou autres professionnels.
Tout ce temps de préparation n’est pas à ignorer et fait pleinement partie du bon déroulement de l’activité. Faire de la contactologie c’est donc réaliser des consultations, et savoir consacrer le temps administratif nécessaire pour que votre prise en charge soit bonne et complète. Ne le négligez pas, c’est trop souvent une erreur commise.
Une activité qui grandit a besoin de structure
Au début, on a souvent tendance à se dire « je débute, je vais faire de la contacto de temps en temps et on verra ». C’est une erreur souvent faite, car on est trop « fleur bleue », et c’est le meilleur moyen de se laisser déborder, de ne pas avoir l’approbation ni de son manager, et ni de ses collègues, tellement c’est le bordel !
Il faut dès le début réfléchir à une organisation structurée, et penser à tout. Vous construisez une activité, et pour qu’elle se développe, qu’elle grandisse, vous devez organiser les process tel qu’ils seront quand votre activité sera pleine. Vous protégerez ainsi tout le monde :
- Vous : et la santé mentale du praticien est importante si vous voulez durer des années dans votre activité
- Votre patient : car vous serez toujours disponible pour lui
- Votre équipe : travailler à plusieurs sans organisation claire, c’est l’enfer, vous le savez très bien…
Mais...
Mais au fond, qui suis-je pour vous dire cela ? Car cette organisation se voit très peu en France, seulement dans les centres et magasins spécialisés en contactologie, et probablement pas dans les magasins ou centres ophtalmologiques standards.
Bah je suis Marina, la meuf qui est allé regarder la manière dont travaillent les professionnels en contactologie, à la fois de manière internationale, à la fois auprès des optométristes français qui pratiquent depuis près de 40 ans, et consciente des contraintes légales de notre profession, j’ai essayé de tout mêler, et j’ai construit ma propre pratique libérale du métier, sans trop mettre de l’huile sur le feu sur le contexte politique difficile qui entoure notre profession. Et j’en apprends tous les jours, car j’ai tenté des choses, parfois réussies, parfois très mauvaise idée, mais c’est ce qui permet finalement d’aboutir à sa pratique idéale.
Et parce que je vois que sur le terrain trop de professionnels passionnés sont motivés mais paralysés pour passer à l’action, parce que je suis passée par 10 000 montagnes russes, j’ai décidé de créer des formations pour aider à chaque moment le professionnel à avancer pour développer la pratique professionnelle qu’il souhaite avoir pour ses patients.
Dans la formation en ligne « Kit Pro de la consultation en lentilles de contact » , je vous accompagne pendant 45 jours à lever vos blocages, mettre en place des process, vous donner mes templates de devis, comptes rendus, vous donner confiance pour expliquer vos process et vos tarifs, et aussi poser des honoraires adéquates à vos prestations. Pour voir les prochaines sessions de formation, cliquez sur ce lien.
J’ai aussi créé une formation présentielle plus complète, car elle associe à la fois la structuration de l’activité de contactologie, et sa pratique clinique. Vous partez sur 3 mois d’accompagnement, avec un accès en ligne au module de biomicroscopie pour reprendre confiance en sa pratique, une journée présentielle entièrement dédiée à l’organisation de son activité, une journée présentielle devant un biomicroscope pour pratiquer, et un accès à la communauté des stagiaires de la formation avec des challenges hebdomadaires et pour répondre à toutes vos questions. Pour voir les prochaines sessions de formation, cliquez sur ce lien.
Bon courage pour vos projets, et si vous avez besoin d’aide, Studio Optométrie est là pour vous !

