Épisode 8 • Mes investissements dans les associations professionnelles : rejoindre le Conseil des Maîtres • Marina Experience
Jan 07, 2026Avant le milieu associatif, je n’y connaissais rien. Mais dès mon entrée dans le métier, j'ai compris un truc : si on veut que ça bouge, il faut s’engager.
Mes débuts avec l’AOF
La première association que j’ai rejointe, c’est l’AOF – Association des Optométristes de France, aussi syndicat. Tout a commencé par leur congrès annuel, que je suis depuis ma 3e année d’études, et où je reste hyper fidèle, allez sauf 1 ou 2 ans, y'a un enfant qui est né au même moment 🤣🤣
Je ne comprenais pas tout dans ces congrès au début (pas encore assez de bagage clinique), mais j’apprenais à chaque fois un truc énorme. C’est là que j’ai découvert les premiers travaux d’Earl Smith III sur la myopie évolutive. Tout nouveau à l’époque ! Et moi, j’ai eu la chance de grandir avec ça.
Comme tout jeune, j’étais rebelle, idéaliste. On voyait les problèmes de l'optométrie sur le terrain, on voulait les résoudre. Mais en France, rien ne bouge sans syndicat. Alors j’ai rejoint le Conseil d'Administration de l’AOF. On n’était pas nombreux côté jeunes, et on voulait de l’action. J'ai participé à de la stratégie politique, on défendait notre bout de gras sur Twitter, je connaissais les syndicats par coeur, j'ai infiltré une conférence d'un syndicat d'ophtalmos où l'optométrie s'est fait démontée gratuitement et outrageusement, j'avais des pulsations à 190bpm assise au premier rang dans l'impossibilité de parler sans faire un drame 🤣🤣🤣. QUELS SOUVENIRS, je m'en souviens dans les moindres détails ! Depuis, les jeunes ophtalmologistes français ont bien apaisé des tensions, merci à eux pour leur ouverture d'esprit !
Dans mes points positifs, j'ai été reçue par plusieurs députés et sénateurs pour expliquer notre profession, nos souhaits pour la filière visuelle, pousser à soutenir des propositions de lois sur l'optométrie. On a réussi à obtenir de nombreuses questions à l'assemblée nationale, on pensait qu'à force de les poser, ça allait les saouler et les intéresser à regarder d'un peu plus près. On a réussi sur plein de points, mais en vrai, la politique sur la filière visuelle, sans rentrer dans les détails c'est compliqué, et je tire un chapeau à la ténacité de l'AOF ! J'ai entrepris la réalisation d'une BD qui à l'époque était futuriste, je projetais une réglementation pour 2016 : C'EST LOUPÉ, on est en 2025 et on a encore moins de droits qu'à l'époque MDR ! On montrait ce qu'allait apporter l'optométrie quand elle serait réglementée, ça a été mon projet-bébé ! On avait pas d'IA à l'époque, j'ai été chercher un illustrateur à Paris, et j'ai tout géré de A à Z, j'y ai même fait mettre un mot doux dans l'avant dernière case ♥️

Dans mes points négatifs, il faut le dire, je suis toujours restée très cordiale, mais les harcèlements sur Twitter ont été virulents, et j'ai reçu des menaces sérieuses par des personnes qui avaient trouvé l'adresse de mon domicile, et de pratique, on ne va pas tout dévoiler car ce n'est pas politiquement correct. J'ai arrêté Twitter quelques mois plus tard, trop de virulence, trop de haine, pas de discussions qui aboutissent à quelque chose de cool, j'ai pris tout ça trop à coeur, et j'avais pas envie de me faire fracasser la tête par des blair****

Le choix de l’AFELC
Puis est venue l’AFELC. Et là, j’ai dû choisir. Continuer à l’AOF, ou m'investir dans cette nouvelle structure dédiée aux lentilles de contact. J'ai vu en réunion de l'AOF des jeunes voulant s'investir, j'ai surfé sur cette vague d'ambition, et j’ai choisi de tout miser sur l’AFELC, dont je suis aujourd'hui la vice-présidente 🤩.
Créée de manière transparente avec les syndicats d'ophtalmologistes, l’AFELC a posé une charte claire et des critères stricts. Officieux par moments, mais reconnu sur le terrain : certains ophtalmologistes savent qu’on bosse sérieusement.
Notre mission : fluidifier le parcours lentilles en France. Parce que soyons honnêtes : aujourd’hui, c’est la jungle.
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Un ophtalmologiste pas fan de contacto ? Le patient motivé est grillé
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Des lentilles progressives testées sans suivi ? Abandon assuré
Avec un vrai suivi, en 2-3 RDV, le problème est réglé. Mais trop de professionnels hésitent à s’afficher. Par peur. Par manque de confiance.
Mon coup de gueule
Oui c'est vrai, j’ai un discours fort, associatif, presque syndicaliste pour ma profession. Parce que j’y crois, et je ne lâcherai pas :
👉 Je crois à notre métier
👉 Je crois à notre savoir-faire
👉 Je crois à ce qu’on apporte aux gens
Et ça m’énerve de voir tant de pros qui restent seuls alors qu’il existe des structures pour les aider.
Perso, l’AFELC m’a énormément aidée. Au début, j’étais terrorisée d’aller voir les ophtalmos. Pas légitime. Pas à ma place. Mais avec le dépliant AFELC et notre charte, j’avais un appui. « Je suis Marina Barthe, je fais partie de l’AFELC, validée par vos syndicats. Je vous propose de collaborer. » Et ça change tout.
Sans l’appui de l'AFELC, je n’aurais peut-être jamais eu ce cran.
Mon ouverture à l’international avec l’IACLE
Au-delà de la France, j’ai aussi rejoint l’IACLE – International Association of Contact Lens Educators, car je suis enseignante en contactologie. Mon but : me former davantage, comprendre les pratiques internationales, et les ramener ici.
L’IACLE, c’est une base de connaissances mondiale : cours, webinars, ressources. Leur mission : un socle commun de formation, surtout dans les pays où la contacto est fragile. Et oui, la France fait partie des pays “à aider”.
Dans ce cadre, j’ai passé le Fellowship 3 fois. Échec la première fois, 55% de réussite ne suffit pas pour décrocher le sésame, ça m'a irrité. La fois d'après, j'ai décroché la meilleure note internationale 😎 #jemelapète. Un signal fort que j'ai voulu donner : les Français ne sont pas “à la ramasse” niveau contacto les gars, on est dans la place 🤙

J’ai même fait passer une version adaptée à mes étudiants. Résultat : ils ont vu que leur niveau n’était pas “franco-français”, mais aligné avec la pratique mondiale.
Aujourd’hui, je reste membre de l’IACLE. C’est une ressource clé pour se maintenir à jour et défendre la place de la France sur la scène internationale.
Conclusion
Mon message est simple : bougez-vous. Investissez en vous, en votre visibilité, en votre pratique. Pas besoin d’être parfaits ni experts en kératocône ou orthoK. Mais pratiquez sérieusement. Osez vous afficher. Collaborez.
Parce que l’avenir de la contactologie et de l’optométrie ne dépend pas que des politiques. Il dépend surtout de nous, sur le terrain.
