Développer une activité en contactologie durable : le système avant les compétences
Aug 19, 2026Développer une activité en contactologie durable : le système avant les compétences
C’est bien d’être compétent, mais ce n’est pas suffisant si tu veux durer
Par Marina Barthe
Pour pratiquer la contactologie, il est bien entendu évident qu’il faille avoir des compétences. Connaître les matériaux lentilles et produit d’entretien pour mieux les conseiller, savoir calculer les lentilles techniques de première intention à poser sur un œil, savoir les analyser pour juger si leur taille et courbure est conforme, vérifier l’intégrité de la surface oculaire, s’assurer de la bonne vision avec lentille. Tout cela s’apprend, de manière sérieuse et professionnelle grâce à des UE/DU en contactologie pour ce qui est de la base, puis d’autres formations professionnelles plus techniques par la suite, qui peuvent se faire au gré des envies du praticien.
Parce que bien entendu, nous avons une responsabilité en tant que professionnel de santé. Si nous ne faisons pas un travail de qualité, ce sont les yeux des patients qui seront les victimes, et ça, ça craint, car notre rôle est justement d’équiper des dispositifs médicaux oculaires afin d’améliorer la vision, sans dégrader les structures oculaires !
Donc pour être un professionnel compétent, cela passe par une formation de base sérieuse, puis des formations constantes pour toujours être au fait des avancées technologiques et scientifiques, si on ne veut pas proposer des prise en charge préhistoriques !
La compétence est indispensable, mais elle ne suffit pas
Tu peux avoir toute la meilleure volonté du monde, toutes les compétences du monde, et j’en connais d’ailleurs plein sur le terrain ! Pourtant, nombreux d'entre eux ne pratiquent pas à la hauteur de ce qu’ils savent faire. Donc tu peux être hyper bon, hyper fort technicien, mais ne pas avoir la possibilité de faire profiter aux porteurs de tes compétences.
À l’inverse, tu peux ne pas bien connaître la contactologie, ne pas savoir conseiller des produits, ne pas savoir prendre de décisions cliniques tout seul, envoyer tous tes dossiers au laboratoire, ne pas savoir bien conseiller, et pourtant pratiquer davantage la contactologie que le premier.
Pas très logique hein ! Mais bienvenue en France !
Ce qui fait la différence dans la pratique, ce n’est pas que la compétence, mais le système que tu mets autour. Si tu disposes d’un système qui te permet de te faire identifier comme un professionnel de la contactologie, proposer des consultations, proposer des suivis, que ce soit facile pour le patient de te trouver et de prendre rendez-vous avec toi, alors tout sera plus facile.
En plus des compétences, ce dont tu as besoin c’est d’un système reproductible qui puisse te permettre de créer des :
- Systèmes d’acquisition
- Protocoles de suivi
- Système de communication interprofessionnelle
- Système interne qui fait rouler ton activité comme sur des rails
Les systèmes réduisent la charge mentale du praticien
En vrai, si tu dois travailler de manière dispersée, pas claire ni pour toi, ni pour tes collègues, ni pour tes porteurs, tu ne vas malheureusement pas aller bien loin car tu vas passer ton temps à expliquer, réparer les boulettes, te rendre compte qu’il faut que tu sois hyper disponible tout le temps parce que sans toi, plus rien ne fonctionne ! Ça s’appelle le surmenage du professionnel de santé, et je ne conseille pas de vivre cette expérience, quoique peut-être, faut-il qu’on passe tous par là pour se rendre compte que ce n’est pas une solution viable à long terme !
Alors que si tu mets en place quelques systèmes, tu vas t’alléger de quelques soucis quotidiens ! Par exemple :
- Le téléphone sonne sans cesse quand tu es en consultation ? Tu te retrouves confronté à rappeler beaucoup de monde, souvent expliquer les mêmes choses car les patient ne connaissent pas l’optométrie.
Système que tu peux mettre en place :
- Fais un site Internet expliquant tes prises en charge, pour qui c’est, ce que tu proposes
- Investis dans une page de professionnel de santé avec des prises de RDV en ligne
- Incite les gens à te poser des questions par écrit
- Investis dans un secrétariat que tu formes pour tous ces situations
- Tu rédiges la totalement d’un compte rendu à chaque fois.
Système que tu peux mettre en place :
- Créé toi des modèles de comptes-rendus selon tous les types de situation
- Dicte tes comptes rendus avec un logiciel de transcription oral => écrit
- Dicte des comptes rendus à un dictaphone, et délègue sa rédaction à ton secrétariat
- Les porteurs de lentilles multifocales reviennent 36 fois te voir car ils n’y voient pas bien dans leur lentille ?
Système que tu peux mettre en place :
- Mieux sélectionner les porteurs en identifiant à l’avance les cas complexes et d’échec
- Mieux expliquer la réalité de vision des lentilles progressives
- Se former sur ce sujet, pour que tu sois plus performant
- Cesser de fonctionner par forfait d’accompagnement, mais faire régler par consultation
Bref, tu auras compris le truc. À chaque problématique qui va commencer à devenir chronophage avec l’augmentation de patients/pratique, il faut réfléchir à mettre en place un système qui permettre de te simplifier la vie. Tout ce temps gagné, sera du temps que tu pourras davantage allouer à ta prise en charge patient quand il sera là par exemple, ou recevoir 1 à 2 personnes de plus chaque jour !
Une activité durable repose sur des méthodes reproductibles
Pour que ton activité puisse tourner, il faut que les systèmes que tu aies mis en place fonctionnent avec le temps, ce qui te garantira que le système deviendra une routine avec le temps, car ce sera toujours la même chose qui sera faite à chaque fois. Notre cerveau adore les routines, car c’est « facile » pour lui, ce qui permet de mieux s’en servir pour analyser une LRPG bitorique, plutôt que pour « comment est-ce que je vais rédiger ce compte rendu ? »
Un système reproductible, c’est un système routine qui permet d’aboutir toujours à la même finalité, plutôt efficace non ?
C’est par exemple réaliser un protocole de consultation pour chaque type de lentilles : « alors je fais ça, ça, ça et ça, comme ça j’ai toutes mes infos pour pouvoir bien réfléchir sur le cas. Et je vais le revoir dans une semaine pour bien contrôler que tout est ok ». C’est bien pour ça qu’on recommande d’appliquer des protocoles d’essai, et qu’on les apprend à l’école ;)
Une activité lentille ne repose pas sur une TO DO LIST que le professionnel seul doit faire, car plus on fait des choses de manière manuelle, plus on y passe du temps, plus ça augmente le temps administratif, et moins on est disponible pour le porteur. Déjà que le patient trouve que nous ne sommes pas assez disponible, alors si on s’engouffre dans un méandre administratif, on ne s’en sort plus ! Et plus vous verrez de monde, moins vous pourrez faire tout seul.
Chaque activité, chaque quantité de patientèle doit amener à créer un système reproductible et cohérent pour être un professionnel efficace et disponible.
Si tu veux gagner du temps sur quelques items, je propose régulièrement des sessions de formations du Kit Pro en consultations en lentilles de contact, qui te permet d’avoir directement des modèles de fiches de suivi lentille (informatisés ou pas), des modèles de devis, de protocole, de comptes-rendus, et pleins d’autres astuces pour développer au mieux ton activité. Retrouve ici les prochaines sessions de la formation en ligne « Kit Pro de la consultation en lentilles de contact ».
J’ai également développé un accompagnement hybride pour à la fois mieux structurer ton activité, mais combiné à des rappels cliniques de biomicroscopie et d’analyses de lentilles souples : cela permet d’étudier à la fois l’organisation, et la pratique clinique que tu mettras en place. C’est un accompagnement sur 3 mois, avec 2 journées de formations présentielles. Retrouve ici les prochaines dates de ma formation signature « Construire et développer une activité en contactologie ».

